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ApparitiOn



_______Je m'appelle Mary Alice Brandon._________.Je vous invite à rejoindre mon monde.
_______J'ai quinze ans et je vis avec ma famille.____Vous allez le revivre au même titre que moi.
_______Ma vie était sans importance...___________-Je ne peux vous en dire plus, car
_______Si elle l'était encore, je n'aurais___________-à l'époque où nous sommes,
_______pas ma place ici naturellement.___________-J'ai tout oublié







//La ChansOn
AprOpriée...
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# Posté le dimanche 19 avril 2009 17:40

Modifié le vendredi 06 novembre 2009 16:03

{Prologue}
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J'avais envie de crier. Ces flashes brefs rythmaient mon existence obscure mais certains étaient si terrifiants que je mourrais littéralement de peur après les avoir entraperçus. Heureusement cela ne durait que quelques secondes, tout au plus. Quelques uns n'étaient pas terrifiant, mais je savais que leur nature n'était pas commune. C'est à cause de ces visions que j'étais ici jour après jour. J'étais ici pour me soigner, mais personne n'avait jamais pu arranger cette « malédiction » comme ils l'appelaient tous.

Tous sauf un. Pour lui, j'étais exceptionnelle.

C'était grâce à lui que je ne m'étais pas encore résolue de me trancher les veines avec mes dents –le seul matériaux disponible. Cela aurait toujours était moins douloureux que ce qu'ils me faisaient subir. Le pire c'est que contrairement aux autres ici, j'étais lucide lorsque je n'étais pas en transe. Je savais ce qu'ils allaient me faire avant qu'ils n'arrivent. Et puis, je le... voyais. J'étais prévenue à l'avance par « la malédiction ». Lui, me disait toujours que ça finirait par s'arranger. Je n'avais jamais su pourquoi il me disait ça, mais je le croyais, invariablement. Il était toujours le seul qui se souciait de mon bien-être, même si ce n'était pas vraiment possible en ces lieux. Il me rendait visite la nuit. Ou le jour, je ne savais pas vraiment pour être continuellement dans le noir.

Tous ce que je savais il me l'avait appris.
J'étais sa petite Alice. C'était le seul qui ne m'appelait pas Mary.
Dans tous les domaines, il était le seul. Le centre de mon existence, à condition que cet existence existe.

Cependant ma « malédiction » a encore frappé. Et elle venait de m'indiquer le contraire de toutes ses promesses, cela ne s'arrangerait pas.
Je l'avait vu.



# Posté le dimanche 19 avril 2009 15:30

Modifié le samedi 07 novembre 2009 16:19





Chapitre 1_________________
Musique : iCi


24 juin 1918. Biloxi.

Je tournai en rond dans ma chambre, attendant ma mère. Elle n'allait pas tarder à venir me chercher.
Aujourd'hui, j'avais seize ans. Je me sentais déjà réellement plus vieille que la veille au soir. Comme c'était ridicule ! Je n'avais en fin de compte que quelques heures de plus, mais j'avais « officiellement » seize ans. Et dans deux ans, je serais une femme, ou presque.
Penchée sur l'appui de fenêtre, je ne pouvais pas rater ma mère qui venait d'arriver au coin de la rue. J'étais tout excitée : elle n'était pas partie longtemps, mais elle me manquait déjà. Elle s'était absentée pour préparée notre sortie. Je trépignais littéralement lorsqu'elle franchissait le seuil
-Mary !
Je courus dans les escaliers, elle m'intercepta d'un geste habile et maternel dans ces bras. Elle me câlina quelques minutes avant de me prendre par les épaules et de fixer mes grands yeux d'un bleu étincelant.
-Bonne anniversaire ma petite fée.
Je savais que son surnom était affectueux mais je ne l'aimais pas vraiment. J'étais petite, tout le monde le savait. C'était assez flagrant quand même. Un mètre cinquante, et encore, en me hissant sur la pointe des pieds. J'avais osé espérer que cela aurait changé durant la nuit, mais c'était une cause perdue, à mon avis. Ma mère m'entraina par la main et m'emmena vers mon cadeau d'anniversaire.
Nous n'avions pas beaucoup d'argent. Or cela n'empêcher guère d'aller essayer des robes que nous n'aurions jamais l'occasion, ni les moyens, d'acheter. Nous fîmes en tout trois boutiques.
La première n'était pas exceptionnelle, je n'y essayais que quelques robes. La deuxième ne fut pas beaucoup mieux, d'ailleurs. Les pièces offraient des rayonnages remplis de robes non vendues l'année dernière. Dans la troisième, en revanche, je trouvais ce que je cherchais : une robe m'émerveillant et me faisant vibrer de l'intérieur.
C'était une très longue robe blanche en voile et un bustier noir par-dessus, tombant délicatement au niveau des épaules. Mon reflet me fit devenir princesse en quelques secondes. Mes longs cheveux noirs, me tombaient dans le dos en cascade légèrement ondulée, mes grands yeux saphir s'écarquillaient devant le miroir et ma peau était bien moins translucide que d'habitude.
Ma mère entra bientôt dans la très étroite cabine pour m'observer.
-Tu es magnifique, ma chérie.
Je hochais la tête, aux anges. Je dus ôter la robe trop vite à mon goût mais quelque chose me disait que ma mère allait me coudre la même. Mon intuition se confirma lorsqu'elle s'arrêta au marchand du coin pour se charger de tissus. Des voiles et dentelles blanches, et une étoffe plus résistante d'un gris très foncé.
Nous rentrâmes bien vite à la maison. Ma mère paraissait excitée et je ne compris pas vraiment. Je n'y pris pas plus attention car mon mal de tête récurant faisait irruption dans mes songes et je partis m'allonger en attendant que cela se passe. J'aimais bien cette pièce dans la maison. En réalité c'était plus un cagibi sans fenêtre, un endroit où l'on stockait nos affaires inutiles, mais je m'y étais installée une couverture car l'obscurité empêchait mes maux ces maux de tête de devenir insupportables. D'ici j'entendais aussi les conversations qu'il y aurait pu avoir au salon ou à la cuisine, ce qui pouvait s'avérer utile, parfois. J'entendais d'ailleurs ma mère chantonner.
-Qu'y a-t-il maman ? Tu es vraiment très enthousiaste ! Souris-je.
Je me rendis compte que j'avais eu une légère absence. Elles étaient fréquentes, et je n'y prenais plus trop attention. Cela survenait en général lorsque j'avais mal à la tête. Je m'en dormais et me réveillais sans m'en rendre compte. Je passai ma tête par l'encadrement de la porte quand maman vint me parler.
-J'ai une grande nouvelle ! S'exclama-t-elle ne pouvant plus réfréner sa joie. Nous allons bientôt accueillir un nouveau membre dans la famille.
Elle se toucha légèrement le ventre et je compris derechef. Elle était enceinte.
Je me réjouis pour elle et la pris dans mes bras. Elle me serra très fort.
Je finis par rouvrir les yeux et je n'étais plus dans ses bras mais emmitouflée dans ma couverture dans le cagibi. Je me demandais si j'avais ou non rêvé.
-Maman, ça va t'être une fille ou un garçon alors ? M'enquis-je pour confirmer ma théorie selon laquelle je n'avais pas rêvé.
- Qui donc ?
-Eh bien, le bébé que tu attends, marmonnais-je en me redressant.
Je pris un coussin qui trainait entre mes bras et le serrais fortement pendant qu'elle apparaissait devant la porte et me regardait, étonnée.
-Je... Je ne sais pas encore. Dis donc, on ne peut rien te cacher à toi, sourit-elle.
Je ne relevais pas. J'avais l'habitude qu'elle ne se souvienne pas d'une conversation, aussi récente fut-elle. J'allais partir dans ma chambre lorsque le mal de tête repris. Je fus contrainte de me rallonger. Aucun médecin jusqu'à aujourd'hui n'avait su déterminer ce que j'avais.
La cloche annonçant l'arrivée de quelqu'un retentit devant la porte.
-Mary, tu peux aller ouvrir ?
Je m'extirpais de mon coin et rejoins l'inconnu qui se tenait impatiemment devant la maison.
-Bonjour ?
-Tu es Mary Alice, n'est-ce pas ?
J'acquiesçais, non sans froncer les sourcils.
-Va appeler ta mère s'il te plait.
Tandis que je m'exécutais, je ronchonnais contre cet inconnu qui avait un ton alerte, et semblait pressé. Un riche.
J'étais repartie dans ma pièce lorsque j'entendis ma mère sangloter et poser mille questions au jeune homme. Tendant l'oreille, je m'apercevais que celui-ci essayait de la réconforter en lui tapotant maladroitement l'épaule.
-Mère ?
Elle se retourna sur moi, ses longs cheveux noirs en cadrant son visage semblaient humides de transpiration, elle-même avait l'air sous le choc, la tristesse déformant ses traits.
-C'est... C'est, pleura-t-elle alors que le riche s'en allait discrètement en m'accordant un regard d'excuse. C'est ton grand père... Il est mort.
-Quoi ? Mais non...
Les larmes me montèrent aux yeux, le mal de tête repris.
J'eus une nouvelle absence, un trou noir. Puis, je me voyais marcher dans la maison de mon grand père et mon père était désormais avec nous pour soutenir ma mère. Impossible de me rappeler ce qu'il y avait eu entre ces deux moments. C'était le vide complet dans mon esprit, hormis cette douleur lancinante qui me hurlait que mon grand père était mort. On arrivait bientôt à sa chambre et mon père me pressa l'épaule lorsque je découvris l'homme que j'avais tant aimé depuis ma tendre enfance, blanc comme un linge, étendu sur son lit. Je respirai difficilement et je me surpris même à hurler, me jetant sur sa dépouille et le secouer tandis que j'entendais ma mère pleurer dans les bras de mon père.
Je criai. Quelqu'un vient me secouer par les épaules et je me débattais en criant à nouveau. J'hurlais des bouts de phrases incompréhensibles alors que mon mal de tête revenait trois fois plus fort. « Non... Reviens... Pas mort... je... »
-Mary Alice ! Calme-toi, criait soudain, au dessus du boucan que je faisais, la voix apaisée de ma mère.
J'ouvris les yeux. J'étais dans ma petite pièce. Mes larmes roulaient en silence sur mes joues, tentant vainement d'effacer ces souvenirs de ma mémoire. J'avais du faire un cauchemar... Un cauchemar horriblement réel, certes... Mais rien qu'un rêve. Ma mère me berça de longues minutes, mais je n'arrivais pas à faire cesser mes pleurs.
-Raconte-moi, souffla-t-elle.
-Je... Grand-père...mort... Crise cardiaque... Je...
-Chut...C'était un cauchemar. Je vais continuer ta robe, ca va aller ?
Je hochais la tête.
Elle était partie depuis peut-être dix minutes lorsque la cloche carillonna.
-Mary, tu peux aller ouvrir ?
Je me levais en rechignant, toujours pas sortie de mon rêve, et ouvrit la porte. Il était là, l'homme riche. Mes mains ce mirent à trembler violement.
-Bonjour ? Fis-je tel un couinement de souris.
-Tu es Mary Alice, n'est-ce pas ?
J'opinai fébrilement.
-C'est pour mon grand-père que vous êtes là ? Il est mort, n'est-ce pas ? Demandais-je d'une voix tremblante.
Ses yeux s'arquèrent et ses sourcils se froncèrent.
-Je... Oui. Comment... ?
Je n'entendis pas la fin de sa question : Je venais de m'effondrer par terre. Mon mal de tête reprit et je me mis à convulser. Très fort. Je criai. Soudain, un nouveau trou noir.
Je perdis connaissance.

Je rêvais. Ou du moins, j'espérais sincèrement que c'était un rêve. Un cauchemar. Il faisait très noir autour de moi mais pas assez pour que je ne puisse pas voir une silhouette au fond de la pièce. Je voulu me lever mais c'était impossible, mes poignets étaient liés à de grosses menottes en cuir. J'essayais de calmer mon c½ur qui s'affolait, en vain. J'avais froid. Un éclat doré attira mon attention et je tournai la tête. Une personne était présente derrière une petite lucarne et m'observait. L'homme au fond de la pièce parla.
-Mary Alice Brandon.
Je sursautai, mon corps fut traversé de frissons.
-D'après ce qu'on raconte tu serais une sorcière. Sache que je n'y crois pas. Alors je vais te faire avouer. Je sais que tu as tué ton grand père, et tu vas me dire comment.
-Je... Je ne l'ai pas tué !
-Il ne faut pas mentir. Tu connais les électrochocs ?
Je ne répondis pas. J'étais trop préoccupée à me demander ce que je faisais là et pourquoi l'on m'avait accusé du meurtre du grand père que j'aimais tant.
-Non ? Et bien, tu vas aimer...
Une lumière m'aveugla soudain, je battis des paupières. Je remarquai que j'étais pratiquement nue et que des dizaines d'électrodes étaient collées sur mon corps. L'homme face à moi me sourit avant d'abaisser brutalement une manette. Cela commença. Je me mis à convulser à une vitesse inouïe, comme si j'étais possédée. Un feu éclata en moi, il explosait en tout les endroits de mon corps encore et encore. Je hurlais sans entendre vraiment un cri. Mes yeux durent se révulser car je ne vis plus rien, mais je soufrais toujours. Je n'avais plus de pensées, juste de la douleur. Des lames de feux s'enfonçaient en moi me blessant de tous les côtés, meurtrissant chacune de mes terminaisons nerveuses jusqu'à les anéantir toutes.
Cela diminua soudain. Le feu ne revenait plus, mais il n'était pas éteint pour autant. Je recommençais à percevoir les sons et à voir autour de moi. Cependant, mon corps était toujours secoué par des décharges brûlantes.
-Quinze secondes et regardez comment elle réagit, rit l'homme. Jonathan ! Venez ici. Habillez-la et emmenez-la dans sa cellule. D'ici cinq ou six bonnes heures de repos elle sera suffisamment en forme pour qu'on double la dose.
Doubler la dose ? Quinze secondes ? Mon corps brûlait toujours et il comptait recommencer... La dernière chose que je vis avant de m'évanouir, furent les yeux ambre sombres d'un autre homme qui viraient doucement vers le noir.

Je me réveillais en sursaut. Mon c½ur battait à une vitesse folle et j'avais le souffle court. J'étais dans un lit d'hôpital. Ma mère m'observait, inquiète, derrière une vitre et je remarquais que j'avais une camisole autour de moi. Je voulu me débattre mais j'étais bloquée, je commençais à sangloter.
Un homme arriva derrière ma mère et lui fit signer des papiers. Je ne savais pas qui s'était, il me tournait le dos. Je voyais mes parents jetaient des coups d'½il anxieux vers moi. Je ne comprenais pas vraiment où j'étais, ni ce que je faisais là, mais je savais que ca allait mal. L'homme rangea les documents signés par ma mère et se retourna vers la vitre.
Oui, ca finirait mal. C'était même la fin pour moi.
L'homme était celui de mon rêve. Celui qui m'avait torturé. Je lâchais un cri d'horreur malgré moi et me débattait deux fois plus fort, arquant mon dos et tapant des jambes sur mon lit en hurlant.


Si tu aimes, Clic iCi.

Donne-moi ton avis, c'est important.

Merci =)


Loredana.

PS. Je viens d'apprendre que Ashley allait jouer dans un film appelé "apparition"...
Ca tombe bien :) J'aime ce genre de coïncidences

# Posté le vendredi 06 novembre 2009 17:33

Modifié le dimanche 08 novembre 2009 11:13





Chapitre 2_________________
Musique : iCi


25 juin 1918. Biloxi. 1h du matin.

L'obscurité complète. Cela faisait des heures que j'étais ici. J'avais toujours ma camisole. Impossible de me rappeler comment j'étais arrivée là. A l'hôpital, deux infirmiers m'avaient maintenu sur le lit pendant que je criai à ma mère que l'homme près d'elle voulait me tuer. Ils disaient que j'étais folle et m'ont assommé à coup de drogues en tout genre. Je me souviens juste du regard satisfait de mon bourreau au moment où je perdais connaissance.
C'était troublant de se retrouver dans le noir en se réveillant. J'avais appelé à l'aide et je m'étais débattue mais j'étais fermement attachée. J'essayais de comprendre comment j'avais pu atterrir ici. Mon grand père était mort, cela je me souvenais. Des larmes coulèrent sur mes joues... Il était mort et ma vie s'était effondrée. Je n'avais que seize ans comment pouvait-on me faire subir cela ?
Mon mal de tête me foudroya une fraction de seconde et je gémis. Je pressentais qu'on allait venir me voir. Comment de fait, quelques minutes plus tard la porte de ma cellule s'entrouvrit. Je me mis à trembler en détaillant l'endroit ou je me trouvais. Désormais éclairé par une faible lumière, j'aperçus le lit en métal sur lequel j'étais allongée, le trou dans le sol qui devait faire office de sanitaire, et... un frisson supplémentaire me parcouru quand je vis un rat fuir par la porte. Mon visiteur entra et referma la porte, nous plongeant à nouveau dans le noir. Mes yeux, qui avaient fini par s'habituer, le détaillèrent autant que ma vue le permettais. L'homme était grand, frêle et son teint semblait être translucide mais je ne voyais pas clairement ses traits. Je l'avais déjà vu quelque part mais je ne me rappelais plus où... cette carrure... Puis, comme si une ampoule c'était allumée, je compris. Je revis ses yeux dans mon esprit, des yeux entre l'or et le marron... bien que je ne puisse pas vraiment le décrire comme cela... J'essayai de mettre un nom sur cette personne quand je le vis presser sa tête contre le métal froid et la détourner pour regarder le mur à l'opposé de moi. Je devinais que ses poings se contractaient... avait-il un problème ? Sentais-je mauvais ?
« Mais comment s'appelait-il ! » M'énervais-je mentalement. Je revis ce moment, tentant de ne pas me préoccuper de son attitude peu gentleman : L'homme qui me faisait du mal... Les brûlures... Il allait recommencer... Jonathan ! Il avait demandé à Jonathan de m'habiller et j'avais perdu connaissance. De quand cela datait-il ? Hier ? Plus tôt ce matin ?
-Tu es Jonathan.
Ma voix était enrouée pour ne pas avoir parlé depuis longtemps et avoir crié durant des heures. Il avait sursauté, surpris. Doucement, il s'était approché.
-Oui.
Je me redressais dans mon lit, me faisant toute petite dans un coin, au cas où il me frapperait. Sa voix était douce mais je ne savais pas ce qu'il faisait ici.
-Il va recommencer à me faire ça ? Ne pus-je m'empêcher de chuchoter.
Je n'arrivais vraiment pas à distinguer ses traits dans cette pénombre mais, une fois de plus, il semblait surpris.
-Faire quoi ?
Le silence était tellement total que j'avais l'impression stupide qu'il ne respirait pas entre deux phrases qu'il prononçait. Si l'on pouvait appeler cela des phrases.
-Me faire mal, murmurais-je d'une voix tremblotante. Le feu, le... Electrochoc. La douleur ...
Jonathan ne dis rien durant un long moment. Je replis encore plus mes jambes contre moi lorsqu'il s'approcha. Mes yeux trouvèrent les siens, ils étaient pratiquement noirs. Je remarquais aussi qu'il sentait une odeur drôlement agréable dans cet endroit putride.
-Il n'a encore rien fait... souffla-t-il, comme sous la défensive.
-Si ! je m'en souviens, contrai-je avant d'ajouter, car un mot venait d'attirer mon attention : Encore ?
Il hocha la tête. Mais, s'il ne m'avait rien fait...Encore... Lui, il était là pour m'emmener là-bas ? Je me remis à trembler. Comment savais-je tout cela ? Pourquoi me souvenais-je de choses qui ne s'étaient pas encore produites ? Comme pour maman qui était enceinte, comme pour grand père. Ce n'était pas possible. J'étais folle.
-Je suis d-dans un hôpital ?
-Si on veut... répondit-il.
Il était toujours froid. Distant. Totalement immobile.
-Un asile ? Parvins-je à articuler.
Il opina d'un hochement de tête, sachant que je le voyais. J'étais folle. Ma gorge s'assécha et de nouvelles larmes débordèrent. Un sanglot m'emprisonnait la gorge et je ne savais plus respirer, pensant trop aux conséquences de ma folie. La douleur qui allait survenir bientôt. Et si, ce Jonathan savait que l'autre allait me faire du mal, pourquoi ne réagissait-il pas ? Ne pouvait-il pas m'emmener loin, m'aider à m'échapper ?
« Il est avec lui... » Pensais-je. Cette vérité était si évidente que je m'en voulais de ne pas y avoir songé plutôt. Je tentais de me lever et partir loin. Je trébuchai en descendant du lit et m'affalai déjà sur le mur d'en face, tant la cellule était exigu. Une main m'empêcha de retomber en arrière et de me blesser sur les bords du lit.
-Ne fais pas ça. Tu vas me compliquer la vie pour rien.
Je continuai à pleurer, plus bruyamment cette fois.
-Arrête, je ne peux rien y faire, et toi non plus. Maintenant viens ici que je coupe tes cheveux.
-Quoi ?
Il n'allait quand même pas me couper mes cheveux !
-Crois-moi, il vaut mieux ne pas lui désobéir.
Son ton était devenu tranchant et dur. Il m'attrapa le bras, me faisant surement un hématome au passage. C'est avec cette même poigne de fer qu'il me fit lui tourner le dos et saisit mes cheveux.
-Ca vous plait tant de faire ça ? Pleurai-je.
-J'aide, c'est tout.
J'entendis le son du frottement de métaux et je sentis mes cheveux tomber. Je fermais les yeux par réflexe pour ne pas que cela me gène.
-Comment connaissais-tu mon nom ? Questionna-il après quelques minutes.
-J'en sais rien. Je savais qu'il vous appellerait comme ça.
-Comment ca ?
Ses mains se posèrent sur mon coup pour m'enlever les cheveux, je sursautai. Je pensais avoir froid mais ses mains étaient encore plus glacées.
-Vous verrez plus tard, répondis-je de mauvaise grâce, laconique.
J'eus l'impression qu'il grognait, non satisfait de ma réponse. Je voulu passer ma main dans mes cheveux et pouvoir me frotter le visage après avoir pleuré. Or, la camisole restreignait mes mouvements.
-Vous pourriez ? Je ne vais pas vous mangez.
Je ne sais pas du tout en quoi ma remarque fut drôle, mais il rit et je me retrouvais presque aussi vite libre de mes mouvements. Je ne fus qu'à moitié horrifiée de découvrir la longueur de mes cheveux ; il ne restait que quelques demi-douzaine de centimètres, tout au plus. Je frottais mes yeux en prenant soin de m'éloigner discrètement de Jonathan.
- Je ne suis pas obligé de te la remettre, même si ce serait mieux.
-Je ne vois pas pourquoi, je ne suis pas dangereuse.
-Ca, c'est certain.
J'eus l'impression qu'il souriait mais je m'en fichais pas mal. Ce que je voulais savoir, c'était pourquoi il était encore là. Il avait fini son boulot.
-Ecoute, nous allons devoir y aller.
-Nous, qui ? Rétorquais-je.
J'avais déjà une idée de la réponse. Je m'imaginais marchant derrière lui parmi les couloirs sombres pour rejoindre une pièce avec un lit, ou plutôt une planche en bois, où il allait me sangler...
-Il veut « s'entretenir » avec toi.
Je fermai les yeux. « Calme-toi... C'est rien. Tu es déjà passée par là... en rêve. »
-Comment il s'appelle ? M'enquis-je car j'en avais marre de l'imaginer sous le nom de « l'homme ».
-Werner Krauss. Ou « Le Persécuteur ».
-Le deuxième lui va mieux.
J'enroulais mes bras autour de mes jambes et tirai sur les muscles de mon dos. J'avais l'impression que sentir la faible douleur de mes muscles étirés en ce moment était le paradis en comparaison à ce qui m'attendait là-bas.
-Et tu ne le connais même pas.
-Je sais exactement ce qu'il va me faire. C'est probablement ca le pire : Savoir à quel point ce sera horrible.
Jonathan se tourna vers moi. Il plongea ses prunelles dans les miennes et cela me fit remarquer que mes yeux s'étaient habitués assez pour que je puisse le distinguer. Il était fort mince mais sa musculature ne paraissait pas non plus non négligeable. Il avait des pommettes hautes et de fines lèvres. Sa mâchoire se dessinait en ovale parfait et son nez était aquilin à l'instar des Dieux Grecs, lesquels étaient représentés comme la perfection. Il devait avoir entre vingt-cinq et trente ans.
-Comment tu sais tout ça ?
Alors, sans pour autant lui dire que je pensais vaguement pouvoir deviner l'avenir, je lui racontais dans les détails ce qui allait se passer : La manière dont il allait m'électrocuter durant quinze secondes après m'avoir sourit cruellement, les mots exacts qu'il lui dirait au moment de venir me rhabillé, et les cinq à six heures qu'il me donnerait de répit jusqu'à ma prochaine torture. J'allais même jusqu'à lui détailler aussi précisément que je m'en souvenais les vêtements que Le Persécuteur porterait. Jonathan restait septique.
-Tu verras.
Il se leva de la chose qui me servait de lit et entrouvrit la porte. Il m'expliqua qu'il était là depuis une demi-heure et que nous aurions déjà du être en bas. Je me levais et le suivis. J'avais renoncé à la peur pour cette fois, uniquement parce que j'étais persuadé que, malgré la douleur, j'y survivrais.
On parcourut quelques couloirs faiblement éclairés avant d'arriver à la salle de torture. A l'intérieur, la lumière était extrêmement forte. Il me fallut une minute ou deux pour m'y habituer. Une fois chose faite, je détaillais un peu la salle étonnement sobre et finis par tomber sur mon reflet. J'avais l'air d'un cadavre. Mes yeux étaient ternes, mes cheveux noirs étaient affreusement courts, et je portais une chemise blanche déchirée et assez sale pour que j'aie des difficultés à en reconnaitre la couleur au premier abord.
Lorsque mes yeux se posèrent sur la table en bois, je frissonnais. Puis j'observais les électrodes dont je serais bientôt affublée. Je pense que c'est à ce moment là que je pris réellement conscience de la peur qui me tenaillait. Jonathan me tournait le dos préparant je ne sais trop quoi sur une table au fond de la pièce. Rapidement, j'estimais mes chances de fuir. La porte derrière moi étant la seule issue, je n'avais pas trop le choix. Espérant être assez silencieuse, je pris mes jambes à mon cou poussant mes limites pour aller le plus vite possible. Arrivée à la porte, je ne vis pas le choc arriver et me heurtais violement à quelque chose de dure que j'identifiai par après comme étant Jonathan. Il m'attrapa le bras et me ramena fermement vers la table en bois où il accrocha un de mes poignets. Il retournait déjà à ses occupations. Je me débattis et tirai sur le lien pour le faire céder. Des sanglots montèrent à ma gorge alors que je m'abîmais le poignet jusqu'au sang. J'essayais de déplacer la table, mais elle était fixée au sol. J'avais la désagréable impression d'être sur le bûcher sans aucune échappatoire. Je pleurais et gémissais bruyamment en m'arrachant la peau tant je tirais fort. Il finit par se revenir vers moi, impassible. Je tirai encore comme pour me jeter sur lui, pour le supplier. Tout ce que je parvins à faire, ce fut d'étendre mon bras jusqu'à lui. Continuant à tirer sur la table et à pleurer, je lui parlai.
-S'il te plait... Jonathan... S'il te plait.
Il s'approcha mais son air grave et sérieux ne changeait pas. Cela me dégoutait de le voir aussi stoïque face à moi, n'ayant que faire de ma future torture.
-Sauve-moi, soufflai-je en ravalant de nouvelles larmes. Ne me laisse pas là.
Mon c½ur se brisait en se rappelant comment la journée avait bien commencée. Et je peinais à croire ce que je vivais. Les mains glaciales de Jonathan se posèrent sur moi. Il me fit reculer jusqu'à la table et m'assit dessus. Sa beauté empreinte de gravité me terrifiait lorsque je vis ses yeux virer doucement vers le noir. Il ferma ces derniers et contracta sa mâchoire.
-Je t'en prie, fais quelque chose, geignis-je.
De longues minutes, il ne dit rien. Il paraissait concentré sur sa respiration. Puis, lorsqu'il releva enfin les yeux, ils avaient repris leur teintes dorées et mielleuses. Il avait l'air dépourvu de sentiments bien que j'entrevis de la peine dans ses yeux.
« Il va m'aider, il va me sortir de là » pensais-je avec ravissement.
-Je suis désolé, souffla-t-il dans mon oreille.
Je sentis quelque chose me piquer et, doucement, l'ambiance s'assombri tandis que je glissai vers le sommeil. Je sentis quelque chose de froid m'effleurer la joue avant de m'endormir complètement.



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Merci =)


Loredana.

# Posté le samedi 07 novembre 2009 12:29

Modifié le dimanche 29 novembre 2009 19:19